Quelques mots du cofondateur

Par Guillaume DE MASI

C’est sur fond de crise sanitaire mondiale due au COVID-19 que l’on se rend compte à quel point nos économies et chaînes d’approvisionnement sont loin d’être résilientes. Certains diront que c’est la faute de la “mondialisation”, un terme ayant perdu en partie son sens depuis l’avènement d’internet et des nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC). Je pense néanmoins que justement, grâce à cet accès à l’information, il est désormais possible de composer avec des savoirs multiples tout en s’adaptant toujours plus vite aux changements nécessaires. Chez EcosiAg par exemple, nous avons pressenti dès 2017 que la relocalisation des productions de denrées devait s’exécuter dans un avenir proche. L’aquaponie permettant d’associer végétaux et poissons, il suffisait de trouver comment concevoir des unités de production déplaçables et rentables en leur permettant de créer de la marchandise sans interruption (aléas climatiques toujours plus fréquents), toute l’année et en ayant un impact environnemental le plus faible. En Janvier 2020, c’est même Boursorama (banque appartenant à la Société Générale) qui fait l’éloge de l’aquaponie. Cette pratique qui a été laissée de côté depuis des siècles, commence aujourd’hui à regagner ses lettres de noblesse au yeux de l’opinion pour ses nombreux avantages.

Les acteurs de la grande et moyenne distribution (GMS) commencent de plus en plus à investir le domaine de la production locale via un approvisionnement chez des maraîchers locaux. Néanmoins, ils plébiscitent également des acteurs de l’agriculture urbaine afin de pouvoir assurer une certaine continuité de production locale toute l’année. Nous pouvons d’ailleurs voir aujourd’hui Casino, Carrefour et Monoprix faire confiance à des start-ups également issues de la Food’Tech qui produisent en hydroponie à l’heure actuelle. Ils sont respectivement InFarm, une entreprise allemande, Agripolis et Agricool, deux structures françaises. Il faut en effet avoir un environnement régulé afin de pouvoir assurer une production continue et peu d’entreprise ont aujourd’hui les compétences techniques nécessaires pour le faire à moindre coût environnemental. InFarm a par ailleurs créé un potager urbain à l’intérieur de l’enseigne Metro à Nanterre pour couvrir les besoins en herbes fraîches des chefs parisiens.
Si vous souhaitez en savoir plus sur ce qu’il se passe en terme de ferme urbaine, des techniques et des acteurs concernés pour cette année 2020, je vous invite à cliquer ici. Vous verrez que l’aquaponie n’est pas encore au programme pour ces agriculteurs urbains car celle-ci requiert une gestion plus approfondie de l’écosystème qui en dépend. Quid de 2021?

Guillaume DM